Nommé à la tête de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Pape Momar Ngom arrive à un poste stratégique, mais aussi exposé. Entre les urgences de l’électrification rurale, les grands projets à remettre sur les rails et les exigences de transparence, le nouveau Directeur général est désormais face à un immense défi : transformer les promesses en résultats concrets dans les villages du Sénégal.
C’est un changement de direction qui pourrait avoir des conséquences importantes sur la politique d’électrification rurale au Sénégal. Pape Momar Ngom prend les commandes de l’ASER dans un contexte où l’agence est au cœur de plusieurs enjeux majeurs. Son profil d’ingénieur et sa connaissance du secteur pourraient lui permettre de prendre rapidement la mesure des dossiers qui l’attendent.
Mais le nouveau patron de l’ASER ne dispose pas du luxe d’une longue période d’observation. Sur le terrain, les attentes sont immédiates. Dans de nombreuses localités rurales, l’accès à l’électricité reste une question de développement, mais aussi de justice territoriale. Éclairer un village, ce n’est pas seulement installer des poteaux et tirer des câbles. C’est permettre à une école de fonctionner dans de meilleures conditions, à un poste de santé de disposer d’une énergie fiable et aux jeunes et aux entrepreneurs de développer leurs activités.
La nouvelle direction devra notamment mettre l’accent sur le suivi des projets, le respect des engagements contractuels, la qualité des infrastructures et la transparence dans la gestion. Autant de questions qui ne relèvent plus seulement de la technique, mais qui touchent directement à la crédibilité de l’action publique.
Le principal défi du nouveau directeur général sera de faire en sorte que les programmes de l’ASER se traduisent rapidement par des réalisations visibles. Car sur le terrain, les populations attendent moins des annonces que des résultats.
L’électrification rurale constitue aujourd’hui un puissant levier de transformation économique. Elle peut favoriser l’agriculture, la conservation des produits, l’artisanat, les services numériques, le commerce et l’entrepreneuriat. Elle contribue également à réduire les écarts entre les territoires et à offrir aux populations rurales des conditions de vie plus proches de celles des zones urbaines.
Dans cette perspective, chaque projet retardé, chaque infrastructure défaillante ou chaque investissement mal suivi représente un manque à gagner pour les territoires concernés.
Le nouveau directeur général possède toutefois un avantage : il connaît déjà l’univers de l’ASER et les réalités du secteur de l’électrification rurale. Cette expérience pourrait lui permettre de mieux comprendre les blocages et d’identifier rapidement les leviers susceptibles d’améliorer les performances de l’agence.
Mais connaître le secteur ne suffira pas. Il faudra décider, arbitrer, contrôler et surtout produire des résultats.
Le mandat de Pape Momar Ngom sera ainsi scruté sur plusieurs fronts : capacité à accélérer les projets, efficacité dans la gestion, transparence des procédures et impact réel sur les populations rurales.
Avec cette nomination, une nouvelle page s’ouvre pour l’ASER. Elle pourrait être celle d’une relance et d’un retour aux fondamentaux : électrifier les territoires, réduire les disparités et garantir que les investissements publics produisent un impact concret.
Le défi est immense, mais l’enjeu l’est davantage encore. Derrière les chiffres des programmes et les montants des investissements, ce sont des milliers de Sénégalais qui attendent une chose simple : avoir enfin de l’électricité.
Pape Momar Ngom a désormais les clés de l’agence. Reste à savoir s’il saura transformer cette responsabilité en résultats. Le véritable verdict ne se fera pas dans les bureaux de l’ASER, mais dans les villages
